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Une Clinique enracinée dans son quartier

La Pointe à notre pointure. Réalisé en 1988, ce film a été utilisé par les intervenantes de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles pour mobiliser la population de la Pointe en vue de consultations menées par la Vile de Montréal sur l'aménagement des quartiers. Une réalité toujours d'actualité!

Pointe-Saint-Charles, un quartier ouvrier

Jusqu’au début du 19ième siècle, Pointe-Saint-Charles est un faubourg agricole faiblement peuplé. L’histoire récente de Pointe Saint-Charles, comme celle du Sud-ouest de l’Île de Montréal, débute véritablement en 1821 avec la construction du canal de Lachine. Jusqu’en 1960, l’activité industrielle continue à se développer le long du canal de Lachine et de nombreuses industries de différents secteurs (métallurgie, textiles, alimentation et tabac) y prospèrent et emploient la main-d’œuvre locale.

Cependant, les effets néfastes d’années de travail en milieu industriel ont également entraîné des problèmes de santé sérieux dans la population. Chez les anciens travailleurs par exemple, on note un taux élevé d’incapacités, une forte prévalence de cancers et de nombreux cas de MPOC (maladies pulmonaires obstructives chroniques).

À partir des années ’70, le déclin économique impressionnant amène la fermeture en série de nombreuses industries, la perte de milliers d’emplois locaux, et un déclin démographique considérable. Malgré tout, les résidant(e)s de Pointe-Saint-Charles ont développé un fort sentiment d’appartenance ainsi qu’une culture de lutte contre les inégalités socio-économiques.  Avec le support du milieu syndical et communautaire, les citoyens se sont organisés pour contrer les effets de la désindustrialisation et du chômage.  L’histoire de l’action communautaire des 40 dernières années en est témoin.

Une Clinique qui intervient en milieu défavorisé

La mission de la Clinique est d’améliorer les conditions de santé et de bien-être de la population. Réaliser cette mission dans un quartier touché par des conditions socio-économiques extrêmement difficiles pose tout un défi.

En 2011:

  • Le revenu médian est de 20 146 $ après impôts (Montréal : 22 962 $)
  • 37 % de la population a un faible revenu après impôts. (Montréal : 24,6 %)
  • 26,4 % de la population de 24 à 64 ans n’a pas de diplôme (Montréal : 18,9 %)

Source: Statistiques Canada, Données du recensement de 2011.

De nombreuses études démontrent que le statut socio-économique a un impact prépondérant sur l’état de santé des populations. Nous savons, par exemple, que les taux de mortalité et d’hospitalisation observés chez les Montréalais à faible revenu sont deux fois plus élevés que ceux des Montréalais à revenu élevé. Pour le territoire de Pointe Saint-Charles, les effets d’une marginalisation socio-économique marquée ont des impacts désastreux sur la santé et le bien-être de la population.

La réalité de Pointe Saint-Charles reflète un contexte plus large où l’on voit l’accentuation des inégalités économiques et un appauvrissement grandissant, ayant pour effet la fragilisation, la marginalisation et l’exclusion d’une partie de la population.  L'embourgeoisement, qui est la transformation socio-économique d'un quartier urbain ancien engendrée par l'arrivée progressive d'une nouvelle classe de résidents qui en restaure le milieu physique et en rehausse le niveau de vie, a aussi d'énormes impacts sur les résidentEs du quartier.

Une Clinique enracinée dans son quartier

Banderole installée sur le terrain de la Clinique communautaire, avenue Ash, 1992.

La Clinique a maintes fois fait la preuve de son enracinement dans le milieu de par sa vie démocratique citoyenne mais aussi en associant de près les acteurs du milieu à la définition et la participation de ses projets. En effet, au fil de son histoire, la Clinique a contribué à la mise en place de plusieurs ressources qui agissent directement sur les déterminants de la santé, par exemple en luttant contre la pauvreté, en défendant l’accessibilité au logement social, en assurant la sécurité alimentaire ou en combattant l’isolement.

L’enracinement de la Clinique dans le milieu se vérifie également par son souci de formation continue du personnel aux réalités du quartier et par l’encouragement constant au développement de projets ancrés dans le milieu.

La Clinique communautaire célèbre ses 30 ans d'implication avec la table de concertation communautaire Action-Gardien

Depuis sa mise sur pied en 1968, la Clinique travaille de près avec les citoyen-ne-s et les organismes du quartier pour regrouper les gens, défendre leurs droits et trouver des solutions aux problèmes individuels et collectifs. La Clinique valorise le travail fait en concertation : c'est s'accorder ensemble en vue de projets communs et ça nous rends plus forts en tant que quartier. Pour cette raison, la Clinique est un membre actif d'Action-Gardien depuis sa création en 1981 et offre un soutien à plusieurs de ses comités de travail. C'est un outil précieux pour mettre en commun les informations, les visions, les approches et développer des projets novateurs sur les dossiers qui influencent les conditions de vie des citoyen-ne-s. C’est ce  qui fait du réseau communautaire de Pointe-Saint-Charles l'un des plus dynamiques et stimulants de la province.

Depuis 30 ans, la Clinique partage des objectifs d'équité, de solidarité, de justice sociale, de non discrimination et d'amélioration de l'environnement avec la table de quartier. Au fil des ans, énormément de projets de prévention et de promotion de la santé ont été mis en place avec différents groupes dans le respect des compétences, des expertises et des traditions de chacun d'eux.  La Clinique s'est largement investie dans nombre de dossiers de quartier: la Marche du pain et des roses en 1995, le tribunal populaire en 1998, l'Opération populaire d'Aménagement (OPA) de 2004 à aujourd'hui, la lutte contre le casino en 2005, etc.  Dans l'autre sens, les groupes du quartier ont été de précieux alliés dans différentes luttes menées par la Clinique : en 1992 afin que la Clinique conserve son statut particulier dans le système de santé, en 2003 pour le maintien des services à domicile, etc.

Joyeux 30ème à tous les groupes et à tous les citoyen-ne-s impliqués!