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Un déraillement à la Pointe relance le débat sur le transport de matières dangereuses en plein cœur d’un quartier habité

Pointe-Saint-Charles –26 septembre – Samedi matin, 3h30, un train de marchandises a déraillé sur le corridor du CN qui traverse le quartier Pointe-Saint-Charles. 6 wagons sont sortis des rails en face de l’école Charles-Lemoyne et de la maison Saint-Charles, à quelques mètres des zones habitées au niveau des rues Charon et Sainte-Madeleine.
« Il ne s'agit cependant pas d'un dégât grave », a indiqué la porte-parole du CN, Julie Sénécal puisqu’il n’y a eu aucun blessé et que les wagons, dont celui qui s’est renversé et en partie déversé, ne contenaient pas de produits dangereux.

Cette réponse n’est pas acceptable pour les organismes communautaires de la Table Action-Gardien. Devons-nous attendre qu'un accident tragique survienne avant d’agir ?
Chaque année plusieurs déraillements de train se produisent au Québec. Jusqu’ici, la chance a favorisé les citoyens de Pointe-Saint-Charles. Depuis des décennies, les groupes communautaires dénoncent le passage de produits dangereux à quelques mètres de résidences et de services publics, et réclament une réflexion avec le CN pour dévier les trains de marchandises, par exemple sur la voie existante au sud du quartier ou encore par la rive sud de Montréal.
Il est aujourd’hui impossible de ne pas être conscient des risques pour la santé et des dangers associés au transport de matières dangereuses. Il faut imposer de nouveaux règlements, et ne plus subir cette situation qui perdure. Aucun train contenant des matières dangereuses ne devrait circuler à moins de 500 mètres des habitations. Tout comme pour les camions, les wagons contenant des matières dangereuses devraient être clairement identifiés.
Au-delà des matières dangereuses, les résidents du quartier Pointe-Saint-Charles subissent d’importantes nuisances reliées au trafic ferroviaire : le passage fréquent de trains de marchandises, de long convois nocturnes, et surtout des manœuvres de triage et d’arrimage de wagons qui débordent de la cour de triage du CN jusqu’au cœur du quartier et qui occasionnent, de jour comme de nuit, un bruit et une poussière difficilement supportables. Ce printemps, la table Action-Gardien a émis une lettre ouverte dénonçant le projet de navette aéroportuaire sur la ligne du CN qui viendrait encore augmenter la pression avec des passages de trains fonctionnant au diesel, à toutes les 20 minutes entre 4h00 du matin et minuit, soit 120 fois par jour.
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Source : Action-Gardien, Table de concertation communautaire de Pointe-Saint-Charles