Quand vieillir chez soi devient imprudent : mobilisation pour une politique de soutien à domicile ambitieuse

Communiqué de presse · Pour diffusion immédiate

Montréal, le 10 février 2026 – Douze jours après la publication de la nouvelle politique de soutien à domicile (SAD) Mieux chez soi, la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles (ci-après la Clinique) et ses alliés déposent une pétition à l’Assemblée nationale. Celle-ci témoigne d’un large appui en faveur d’une politique autrement plus ambitieuse fondée sur un accès public, universel et à caractère humain. Dès l’automne 2025, avant même sa publication, les groupes concernés craignaient déjà que la politique compromette l’accès universel à des services de santé adaptés aux besoins des personnes aînées et des personnes en situation de handicap. Hélas, la politique Mieux chez soi ne fait rien pour diminuer cette préoccupation. Bien que nous saluons les avancées pour la reconnaissance des proches aidants, cette amélioration ne doit pas faire de l’ombre aux choix du gouvernement qui renforcent la privatisation et la tarification du soutien à domicile.

Un soutien à domicile public, humain et ambitieux  

Avec la pétition, la Clinique et ses collaborateurs communautaires demandent au gouvernement d’agir concrètement pour renforcer la capacité des services publics en soutien à domicile à mieux répondre aux besoins de la population. C’est plus de 3400 personnes et 20 regroupements nationaux, syndicats et organisations communautaires qui appuient la pétition et cette demande.   

Les plans du gouvernement de revaloriser les CLSC doivent être plus ambitieux et s’accompagner de moyens financiers adéquats. Les CLSC doivent reprendre le mandat général de coordination du SAD et redevenir les uniques prestataires de services professionnels de santé et des services d’aide à la vie domestique (AVD), lorsqu’ils sont nécessaires pour le maintien en santé. Cette décentralisation devrait également s’accompagner d’une démocratisation du pouvoir avec la participation des usagers et usagères à l’organisation des services. Ces derniers sont les mieux placés pour témoigner des besoins et des réalités locales. Finalement, les travailleuses et travailleurs doivent bénéficier de conditions de travail qui leur permettent de donner des soins humains et de qualité.

Des services qui peinent à répondre à la demande

Madame S., 91 ans, habite seule dans son appartement du Plateau Mont-Royal à Montréal. En juillet 2025, madame se fracture la hanche et une jambe. Cela nécessite une opération et de la réadaptation. À la suite de cet incident, l’état de santé de madame est plus précaire et cette dernière craint de faire d’autres chutes, malgré l’adaptation de son domicile avec des aides physiques (barre d’appui, banc de douche, etc.). En décembre 2025, madame fait deux chutes à son domicile et est hospitalisée. De retour à la maison, elle se voit refuser de l’aide à domicile, malgré des signes de dénutrition et des enjeux mobilité : « Elle a perdu du poids, se tient sur les murs et est chambranlante » rapporte l’intervenante de la ressource communautaire qui accompagne madame. Avant d’évaluer la pertinence de l’aide à domicile, madame S. doit avoir un suivi en ergothérapie pour renforcer ses muscles et son autonomie. À la fin du mois de janvier 2026, madame attend toujours pour un suivi, sa situation ne s’étant pas améliorée et son besoin d’aide étant toujours non répondu. La situation de madame S. n’est pas une exception. Les délais d’attente déraisonnables et la piètre considération donnée aux besoins et réalités des usagers et usagères sont malheureusement monnaie courante. Avec une politique de soutien à domicile ambitieuse, madame aurait pu bénéficier de soins à domicile de façon préventive pour éviter certaines chutes et la dégradation de son état de santé.

Pour plus d’informations sur la pétition : https://ccpsc.qc.ca/fr/prise-de-position-sad/

Ont aussi signé ce communiqué : Coalition solidarité santé, Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), Action-Gardien, Centre des ainés de Pointe-Saint-Charles, Solidarité Saint-Henri, Concertation Ville-Émard Côte-St-Paul, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Coalition pour le maintien dans la communauté (COMACO), Regroupement des organismes pour ainés et ainées du Sud-Ouest de Montréal (ROPASOM), Groupe des aidants du Sud-Ouest (GASO), Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM), Société québécoise de la déficience intellectuelle (SQDI), Médecins québécois pour le régime public, Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux, Comité d’Action des personnes vivant des situation de handicap (CAPVISH), Réseau citoyen Vivre dans la dignité, Le mouvement des personnes retraitées CSQ (AREQ), Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Fédération québécoise de l’autisme, Table des groupes de femmes de Montréal, Comité d’action pour la qualité de vie des ainé.es de la Petite-Patrie (CAQVAPP), Les Accordailles, Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ).  

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Renseignements ou entrevue 
Ariane Carpentier, organisatrice communautaire 

Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles
514 937-9251, poste 7216 · ariane.carpentier.psch@ssss.gouv.qc.ca