Lancement de la nouvelle politique de soutien à domicile : quelques avancées mais des préoccupations demeurent 

Communiqué de presse · Pour diffusion immédiate 

Montréal, le 30 janvier 2026 – Le 29 janvier dernier, la ministre responsable des services sociaux et des aînés, Sonia Bélanger, présentait la nouvelle politique nationale de soutien à domicile (SAD). À la suite de l’analyse de cette politique, la Clinique reconnaît plusieurs orientations positives, mais ses préoccupations demeurent quant à la réelle capacité du gouvernement à répondre adéquatement aux besoins de santé en soutien à domicile et à relever le défi du vieillissement de la population. 

Nous saluons la volonté du gouvernement de revaloriser le rôle des CLSC en matière de SAD et de souligner l’importance de leur proximité avec la population afin de bien connaitre les besoins. L’intégration d’une approche de proximité, qui met l’accent sur la prévention est également un pas dans la bonne direction. La Clinique est d’avis que les CLSC doivent reprendre un rôle significatif dans la coordination et la prestation des services de SAD sur leur territoire, dans une perspective de prévention des maladies et de promotion de la santé et ses déterminants. Toutefois, ce rôle doit aller au-delà de l’arrimage des acteurs locaux et de l’évaluation et l’orientation des usagers et usagères. Nous demeurons préoccupés par le fait que les moyens annoncés pourraient être insuffisants pour renforcer la capacité de répondre aux besoins par des services publics de qualité et humains.

Quelques bémols 

La nouvelle politique souligne l’importance et le caractère essentiel des services de soutien à domicile et reconnait l’importante contribution des personnes proches aidantes, des groupes communautaires et des autres ressources locales au bien-être des usagers et usagères du SAD. Mais il nous semble que la politique mise un peu trop fortement sur la contribution de ces réseaux familiaux, communautaires, parapublics et privés, et compte essentiellement sur des programmes d’aide financière pour augmenter et maximiser les services d’aides à domicile. Selon nous, il ne faudrait pas substituer un renforcement direct et structurant de l’offre publique de services par une aide financière individuelle.  

Par ailleurs, la Clinique accueille avec ambivalence l’annonce du partenariat privilégié avec les entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD), qui laisse entrevoir un possible élargissement de leurs mandats, au-delà de l’aide domestique, vers des interventions plus directement liées aux soins et à l’assistance à la personne. À ce jour, plusieurs défis sont observés au sein de ces entreprises, notamment la stabilité de la main-d’œuvre, les conditions de travail, les besoins de formation et le roulement de personnel. Nous voyons dans cette mesure un risque que la logique d’efficience budgétaire prenne le pas sur la continuité et la qualité de la réponse aux besoins en aide à domicile. De plus, la multiplication des acteurs dans la prestation des services comporte un risque de dilution des responsabilités et de déresponsabilisation du système public. 

Il en va de même pour l’Allocation autonomie à domicile. Bien que nous voyions d’un très bon œil la reconnaissance et la rémunération du travail des personnes proches aidantes, il n’en reste pas moins que les enjeux maintes fois nommés (salaire insuffisant, manque d’accompagnement dans le rôle d’employeur pour les usagers et usagères, manque de formation, etc.) en lien avec ce programme demeurent. 

La politique accorde par ailleurs toujours trop peu de place à la participation citoyenne dans la gouvernance et l’organisation des services de soutien à domicile.

Vieillir bien, vivre mieux : un droit pour toutes et tous  

Au mois d’octobre 2025, à la lumière des orientations préliminaires de la nouvelle politique de SAD, la Clinique et des collaborateurs communautaires ont présenté une prise de position collective. Les trois recommandations émises pour assurer le droit universel à la santé et au bon vieillissement demeurent pertinentes : 

1) Assurer un financement public massif du soutien à domicile ; 

2) Décentraliser les services SAD vers les CLSC afin qu’ils retrouvent leur ancrage local et démocratique ; 

3) Assurer une réponse maximale aux besoins de santé et services sociaux avec l’intégration d’une approche préventive de proximité et le rapatriement des services de soins et de soutien aux activités de la vie quotidienne au sein des CLSC.  

Malgré certains avancements, le gouvernement doit faire mieux et démontrer son engagement envers nos services publics afin de renforcer notre capacité collective à répondre aux besoins de santé en soutien à domicile de la population. Le droit à la santé et au vieillissement digne est un droit non négociable ! 

Pour en savoir plus sur la prise de position collective : https://ccpsc.qc.ca/fr/prise-de-position-sad/