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Activités ferroviaires du CN à Pointe-Saint-Charles

Qui pourra faire bouger le CN?

Le 27 septembre 2015, le comité citoyen Nous et les trains (NTU) a tenu une assemblée. Les 60 participant-e-s présent-e-s, membres et sympathisant-e-s, ont mandaté formellement le comité NTU pour déposer une plainte à l'Office des transports du Canada. Cette plainte vise à obliger le CN à réduire le bruit déraisonnable généré par des activités sur les voies ferrées qui traversent le quartier et qui atteint des niveaux dépassant de beaucoup les normes pouvant affecter la santé des riverains. Ce constat est confirmé par deux études acoustiques menées en 2009 et en 2014, et par deux avis du Directeur de la santé publique de Montréal. Le Maire de l'arrondissement sud-ouest, Benoit Dorais, est venu réitérer son appui aux citoyens dans leur démarche, rappelant que la collaboration entre l'Arrondissement et les citoyens remonte à la création de l'Arrondissement en 2002. Il a été partie prenante de toutes les rencontres, les discussions et les propositions de solution. Constatant en 2013 que des discussions constructives et des négociations productives avec le CN semblent impossibles, il est allé plus loin dans son implication en finançant l'étude de bruit de 2014.

L'aboutissement inévitable de 15 ans de démarches citoyennes

Le quartier Pointe-Saint-Charles ne s'est pas construit après, mais en même temps que l'industrie du rail et il s'en est suivi une longue cohabitation. Qu'est-ce qui a changé? La mobilisation des citoyens du quartier a commencé un peu après la privatisation du CN en 1995, puis la dérèglementation des transports en 1996 et coïncide avec une modification importante des méthodes de travail du CN. Les citoyens n'en ont jamais eu contre le rail, mais contre les pratiques développées depuis la fin des années 1990, dont des manœuvres, de triage en zone résidentielle, la nuit comme le jour, entraînant des nuisances qui s'aggravent avec l'augmentation des trains en nombre, en longueur et en poids. Et les nuisances continuent d'augmenter. On pouvait lire dans La Presse du 6 janvier 2015: «Les volumes de pétrole brut du CN devraient grimper à 200 000 wagons complets par année d'ici la fin 2015, par rapport à environ 130 000 wagons complets actuellement, et pourrait atteindre 300 000 wagons complets dans les deux prochaines années.»

Toutes les administrations municipales et trois députés fédéraux de partis politiques différents ont pris fait et cause pour les citoyens dans leurs tentatives infructueuses d'amener le CN à développer de meilleures pratiques et de meilleurs rapports de voisinage. Le CN n'admet pas la dégradation de l'environnement sonore générée par ses activités, n'est pas proactif dans la recherche de solutions, refuse toute proposition du moment qu'elle implique des couts financiers et ne remet pas en question ses pratiques et son organisation du travail, invoquant l'obligation légale de desservir ses clients. Le comité de citoyens Nous et les trains se prévaut aujourd'hui de la seule ouverture qu'offre la loi sur les transports du Canada afin d'amener le CN à modifier ses pratiques pour tenir compte de la santé des riverains. Cependant, de plus en plus de communautés et d'élus prennent conscience aujourd'hui que de vieilles lois devront être modifiées et que l'industrie du rail devra évoluer en considérant la santé et la sécurité des communautés riveraines.

 

Activités ferroviaires du CN à Pointe-Saint-Charles : Le bruit près de la gare de triage dépasse les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé Montréal

30 octobre 2013 – La Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles ainsi que des citoyens et citoyennes demandent que des mesures concrètes soient prises par le CN pour réduire le bruit généré par ses opérations près de la gare de triage. Les niveaux de bruit mesurés dépassent en effet les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon un avis de la Direction de santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (DSP).

Depuis plusieurs années, la problématique du bruit des trains préoccupe les citoyens du quartier de Pointe-St-Charles à Montréal qui est traversé par la voie principale du CN et bordé au sud par une voie secondaire dite «l’antenne Butler». La population du quartier a toujours composé avec les activités ferroviaires. Mais depuis la fin des années 1990, la situation s’est passablement dégradée suite à la modification des pratiques du CN : 

  • Intensification des activités de triage, surtout la nuit et bruits violents provoqués par le couplage de wagons, souvent vides…
  • Longueur des convois qui oblige des manœuvres sur les voies de passage à l’extérieur de la gare de triage dans le voisinage de résidences, à toute heure du jour et de la nuit
  • Augmentation de la puissance et du bruit des engins pour convoyer ce grand nombre de wagons
  • Bruit des cloches, sifflets, crissement de roues, vibrations.

Témoignage sur les nuisances

Entre 2009 et 2012, le comité a recueilli 209 témoignages quant aux nuisances ferroviaires. Les gens disaient avoir un sommeil perturbé (mentionné dans 42% des réponses); de la difficulté à mener une conversation continue (38%); l’impossibilité de profiter des espaces extérieurs (35%); des pleurs de bébé (27%); des difficultés de concentration (30%). Les répondants ponctuaient leurs réponses de quelques exemples qui reviennent souvent:

«J'ai sursauté. Ça arrive souvent ces temps-ci! Explosion! Tonnerre 4 fois de suite! Méchant gros choc ! Tremblement de terre sur une longue durée! Impossible de profiter des espaces surtout à cause de la fumée qui envahit la cour! Je m'aperçois, quand le train a fini de passer, que j'ai avalé mon repas tout rond, sur le gros nerf, tellement tannée que je deviens agressive, le stress est constant!!! C'est épeurant car la maison vibre, on dirait des explosions. Obligé de fermer les fenêtres pour ne pas réveiller bébé et pour avoir une conversation téléphonique! Forcé de fermer la porte, donc sentiment d’être souvent isolé, frustration, stress, effet sur l'humeur, etc. Nous sommes à l’extérieur et on doit arrêter notre conversation! On s’entend pu vivre! Il faut augmenter le téléviseur, la radio, il faut parler plus fort! La nuit, c'est pire, car il y a moins d'autos qui couvrent le bruit des trains! Toute la maison branle! Les murs craquent! Des nuages bleuâtres qui envahissent la cour et nous devons courir nous enfermer dans la maison jusqu'à ce que ceux-ci se dispersent dans l'air! Stress relié au bruit matin, midi et soir. Déprimé de ne pas pouvoir déménager!»

Des citoyens exaspérés par l’inaction du CN

Depuis 1999, des citoyens et citoyennes de Pointe-Saint-Charles se regroupent pour demander au CN de prendre des mesures pour atténuer les nuisances liées à ses activités ferroviaires. Bien sûr, nous sommes tous préoccupés par le transport de matières dangereuses suite à deux déraillements (4 wagons en 2001 sur l’antenne Butler et 6 wagons en 2011- dont un déversement- sur la voie principale en plein cœur du quartier). Les négligences du CN à titre de propriétaire foncier (aspects délabré de ses installations, herbe à poux, malpropreté, clôtures éventrées, etc.) sont aussi une source d’insatisfactions.

Cependant, les gens du quartier et les acteurs du milieu (Clinique communautaire, Table de quartier Action Gardien, Arrondissement du Sud-Ouest) ont fait des nuisances sonores leur priorité dans la recherche de solutions. Le niveau de bruit inacceptable généré pas les activités du CN a été l’objet principal de deux rencontres tenues avec la compagnie ferroviaire depuis le début de l’année.

En 2009, l’Arrondissement du sud-ouest déposait un mémoire à l’Office de transport du Canada, dans lequel on pouvait lire : «Après tous les efforts de médiation des citoyens et de l’arrondissement, sur une période de plusieurs années, le CN n’a mis en place aucune mesure significative ni modifié ses méthode de travail pour améliorer la situation.»

De nouveau, le CN a reporté (sans proposition de date) une rencontre qui devait avoir lieu en octobre, lors de laquelle il devait présenter des propositions concrètes pour diminuer le bruit de façon efficace et durable. Les négociations piétinent et la qualité de vie des résidents se dégrade avec des niveaux de bruit qui dépassent les normes reconnues par l’Organisation mondiale de la santé. A croire que le Just in time ne s’applique pas aux relations de bon voisinage. Nous demandons que des mesures concrètes soient prises rapidement par le CN pour réduire le bruit généré par ses opérations dans le quartier de la Pointe-Saint-Charles.